Reste à charge « zéro » ou quand Agnès Buzyn cherche à mettre en pratique les promesse de campagne du candidat Macron.

 

 

La concertation sur le remboursement intégral d’une offre d’optique, de prothèses dentaires et auditives a été lancée ce mardi à Paris par Agnès Buzyn. Ces négociations devront aboutir dès le mois de mai avec de premières annonces dans la foulée sur le calendrier de mise en œuvre de ce « reste à charge zéro » dans les trois filières. Le projet devra monter en charge sur l’ensemble du quinquennat.

Quels enjeux ?

C’était une promesse phare du candidat Macron. L’objectif est de diminuer le renoncement aux soins des Français pour des raisons financières dans des secteurs où le reste à charge est parfois très élevé. « L’objectif c’est l’accès aux soins », a souligné Agnès Buzyn ce mardi. « Il faut identifier le panier de prestations nécessaires et de qualité » pour tous les assurés, précise-t-elle.

Selon le ministère de la Santé, seules 30 % des six millions de personnes malentendantes sont appareillées. Le taux de renoncement financier s’élève à 10 %  en optique et 17 % en dentaire en moyenne. Concrètement, le reste à charge des ménages sur les audioprothèses (après intervention des complémentaires) est supérieur à 780 euros par aide auditive. Il est de 135 euros pour une prothèse dentaire (céramométallique) et de 95 euros pour l’optique.

Quels acteurs ?

Ces négociations impliquent les principaux acteurs des trois filières – optique, dentaire et audioprothèse – ainsi que l’Assurance-maladie et les complémentaires. Plusieurs points sont à l’ordre du jour : la définition du « panier de soins », les garanties de qualité, l’organisation des filières et du marché, etc.

Agnès Buzyn a confirmé que le cadre de discussion pour les soins dentaires resterait les négociations conventionnelles CNAM/chirurgiens-dentistes/complémentaires. Dans les secteurs de l’optique et de l’audioprothèse, la négociation associera les ministères concernés (Santé, Bercy), la CNAM, les complémentaires et les représentants des professionnels. Les trois filières négocieront séparément du fait de leurs spécificités.

Quel mécanisme ? Quel panier de soins ?

L’offre avec un reste à charge nul (après intervention combinée du régime obligatoire et des complémentaires) doit concerner l’ensemble des personnes disposant d’une couverture complémentaire, rappelle le ministère, soit 95 % de la population.

En pratique, ce sont les contrats des complémentaires santé qui devront proposer les garanties du reste à charge zéro « inclus dans les obligations au titre des contrats responsables » (aidés fiscalement), annonce le ministère. Le dispositif d’aide à la complémentaire santé (ACS) qui bénéficie à 1,1 million de Français sera adapté pour garantir le reste à charge zéro.

Tous les coûts n’ont pas vocation à être couverts notamment l’accès « à du superflu, de l’esthétique ou du luxe » car « il serait dommageable que ce soit pris en charge par la solidarité nationale », a averti Agnès Buzyn.

Quel impact ?

Cette réforme au long cours modifiera « les équilibres économiques et de marché des secteurs concernés ». La dépense pour les trois secteurs dépasse 18 milliards d’euros dont 1,1 en audioprothèse, 6,2 en optique et 11,1 milliards en prothèse dentaire (sans compter les soins hors nomenclature). Les Français ont en effet payé 3 milliards de leur poche.

Si le financement n’était pas à l’ordre du jour ce mardi, Agnès Buzyn a prévenu que les complémentaires devront trouver des marges de manœuvre afin de ne pas augmenter leurs tarifs. La réforme passera sans doute par un encadrement des prix pratiqués par les industriels et les distributeurs. Agnès Buzyn précise que le chantier « nécessitera des réorganisations des filières ». En contrepartie, l’exécutif envisage « une répartition différente des tâches entre professionnels de santé, avec potentiellement plus de délégations », par exemple entre ophtalmologistes et opticiens.

Une enquête pour mieux se connaître et se faire connaître.

 

Vous avez récemment reçu une invitation à répondre à l’enquête sur la santé bucco-dentaire en France, pour mieux comprendre les pratiques des chirurgiens-dentistes dans votre Région et comment les dentistes répondent aux besoins des populations.


Votre contribution est importante pour que cette étude soit exploitable. SI vous avez déjà répondu à cette enquête, nous vous remercions de ne pas tenir compte de ce mail.

Dans le cas contraire, nous vous remercions de prendre quelques minutes pour répondre à ce questionnaire en ligne, en cliquant sur le lien suivant : ACCES QUESTIONNAIRE.

AVISO et l’URPS Chirurgiens-Dentistes vous remercient par avance pour votre participation.

Rapport 2017 sur l’accès aux soins buccodentaires.

Depuis quelques années, une constatation s’est imposée : plusieurs populations de patients n’ont pas ou plus accès aux cabinets dentaires !

De nombreuses études en ont fait la preuve : la santé buccodentaire est non seulement un indicateur de santé globale mais également un indicateur d’intégration sociale.

Les problématiques liées aux soins des patients à besoins spécifiques sont bien différentes, mais l’objectif est simple : Soigner tous ces patients, en privilégiant, si les conditions le permettent, une prise en charge en cabinet de ville. Et, lorsque cela n’est pas possible, tout mettre en oeuvre pour les diriger vers des structures appropriées : réseaux, services hospitaliers, cabinets référents, …

D’après les estimations de l’INSEE1 et de la DREES2, ces patients seraient entre six et dix millions.

Ce constat a conduit le conseil national de l’Ordre des chirurgiens-dentistes à ouvrir le vaste chantier de l’accès aux soins buccodentaires en France et c’est le reflet de cette enquête qui est désormais consultable ici.

Quatre priorités pour la future stratégie nationale de santé.

Insister sur la prévention (tabac, alcool, alimentation), sortir du modèle du « tout-hôpital »… En pleine polémique sur le Levothyrox, la ministre Agnès Buzyn a lancé lundi une grande concertation sur les priorités de la stratégie nationale de santé du gouvernement.

Après cette phase de concertation qui impliquera représentants du secteur de la santé, élus et usagers, cette stratégie sera adoptée en décembre par décret et mise en oeuvre dès 2018, a indiqué la ministre.

« L’objectif est de développer une vision de moyen et long terme » afin de « redonner de l’impulsion et du souffle à nos politiques de santé », a déclaré Mme Buzyn lors d’une conférence de presse au ministère.

Quatre axes prioritaires ont été définis sur la base d’un rapport du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP): la prévention et la promotion de la santé dès l’enfance, la lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé, la nécessité d’accroître « la pertinence et la qualité des soins », et enfin l’innovation (télémédecine, objets connectés…).

Si l’espérance de vie des Français (85,4 ans pour les femmes, 79,3 pour les hommes) est élevée, le rapport du HCSP constate une hausse des maladies chroniques (cancers, diabète, maladies cardiaques, maladies neurodégénératives comme Alzheimer…).

« Les maladies chroniques touchent quelque 15 millions de personnes en France et selon les projections, ce nombre pourrait monter à 20 millions en 2020 », a expliqué à l’AFP le professeur Franck Chauvin, président du HCSP.

– « Virage préventif » –

D’où l’importance de la prévention, qui devra selon Mme Buzyn être une « priorité » de la stratégie nationale, « avec une attention particulière pour les publics précaires et les enfants ».

En plaidant pour un « virage préventif » du système de santé français, le HCSP suggère de mettre l’accent sur les « trois facteurs de risque » (alimentation, alcool, tabagisme) qui expliquent une part majeure de la mortalité évitable, ainsi que sur les questions de pollution.

La ministre a déjà déclaré vouloir donner plus d’importance à la prévention (promotion d’une alimentation saine, de l’activité physique, lutte contre les addictions et contre les maladies infectieuses).

Elle a ainsi annoncé l’extension du nombre de vaccins obligatoires pour les jeunes enfants, qui fait polémique, ainsi que l’augmentation progressive du prix du tabac.

Le prix du paquet de cigarettes « va augmenter de trois euros, la question c’est +A quel rythme?+ », a-t-elle rappelé lundi.

Autre objectif: rendre le parcours de soins plus pertinent, ce qui, selon le HCSP, doit conduire à « sortir du modèle du tout-hôpital », qui est une spécificité française, pour « réorienter l’offre de soins vers les soins de ville » (en libéral).

– « Hospitalisations ponctuelles » –

Le HCSP pointe du doigt en particulier « le poids majeur des hospitalisations ponctuelles » (une à deux journées), qui est « le premier poste de dépenses de l’Assurance maladie (31 milliards de dépenses, avec une progression de 2,4 % pour la période 2012-2015) ».

Enfin, un plan de lutte contre les déserts médicaux sera annoncé en octobre, pour contrer les « inégalités sociales et territoriales d’accès aux soins », a souligné la ministre.

Elle a insisté sur « la nécessité de faire de la santé un objectif de toutes nos politiques, qu’elles soient éducatives, environnementales, agricoles, sportives ou judiciaires ».

Un Comité interministériel de la santé se réunira en décembre sous l’autorité du Premier ministre, avant l’adoption de la stratégie nationale.

Le lancement de cette consultation intervient alors que Mme Buzyn doit gérer la crise du Levothyrox. La justice s’est saisie du dossier vendredi et va enquêter après les plaintes de malades de la thyroïde victimes d’effets secondaires de la nouvelle formule de ce médicament.

« Des patients se sont sentis pris de court, mal informés, je le conçois. Nous allons en tirer les enseignements », a dit la ministre.

Formation par la MIPROF de référents chirurgiens-dentistes sur les violences faites aux femmes.

La MIPROF (Mission Interministérielle pour la Protection des Femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains) conduit depuis près de trois ans des travaux avec les chirurgiens-dentistes, visant à faciliter le repérage et la prise en charge des femmes victimes de violences.

Le constat est unanime. Les chirurgiens-dentistes sont mobilisés pour lutter contre ces agressions et prendre en charge les femmes qui en sont victimes. Cependant, les compétences ont parfois besoin d’être élargies et une formation ou complément de formation s’avèrent nécessaires pour permettre d’améliorer l’accompagnement de ces femmes.

La MIPROF souhaite poursuivre la formation de toutes et tous, en proposant aux chirurgiens-dentistes motivés par cette cause nationale une formation, les engageant à diffuser eux-mêmes, sur leur territoire, les savoirs acquis et les outils nécessaires.

La MIPROF organise une deuxième formation, le jeudi 7 décembre 2017,
au Ministère des Solidarités et de la Santé – 14 Avenue Duquesne 75007 PARIS
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Lors de la formation, il sera remis aux stagiaires :

  • Une clé USB comprenant les outils MIPROF (film et guides).
  • Un dossier papier comprenant notamment : la fiche réflexe « L’entretien du chirurgien-dentiste avec une patiente victime de violences sexuelles et/ou conjugales » actualisée ; les missions du, ou de la référente.

Cette formation est gratuite mais le nombre de places est limité.

Les frais de déplacement ne sont pas pris en charge, ni les frais de restauration (restauration rapide possible à proximité).

Décès de Simone Veil.

   L’ancienne ministre de la Santé Simone Veil, qui avait porté la loi légalisant l’avortement en 1974, est morvendredi matin, a annoncé à l’AFP son fils Jean Veil. « Ma mère est morte ce matin à son domicile. Elle allait avoir 90 ans le 13 juillet », a indiqué l’avocat.

Simone Veil était rescapée des camps de la mort, où elle avait été déportée à 16 ans, et incarnait pour les Français la mémoire de la Shoah. Elle symbolisait aussi la lutte des femmes pour conquérir le droit à l’avortement.

Européenne convaincue

« Je voudrais tout d’abord vous faire partager une conviction de femme – je m’excuse de le faire devant cette Assemblée presque exclusivement composée d’hommes : aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement. Il suffit d’écouter les femmes », affirmait la ministre de la Santé, le 26 novembre 1974, devant une Assemblée hostile, alors qu’elle défendait sa loi dépénalisant l’IVG, finalement adoptée en 1975.

Simone Veil quittera le gouvernement en 1979. Élue députée européenne, elle sera la première femme nommée à la présidence du Parlement européen (1979 à 1982). L’Europe sera le deuxième grand défi de cette femme d’exception.

La feuille de route d’Agnès Buzyn précisée.

La ministre des Solidarités et de la Santé, reconduite dans le gouvernement Philippe 2, a remis sa feuille de route à Édouard Philippe en vue de la déclaration de politique générale, le 4 juillet. Elle confirme un certain nombre de promesses de campagne d’Emmanuel Macron. L’Ondam sera bien fixé à 2,3% sur la période 2018-2022 (soit une économie évaluée à 15 Mds €).

Le RSI, sera intégré dès 2018 au régime général via la création d’un guichet spécifique. Une refonte de la sécurité sociale étudiante est également prévue en confiant la gestion au régime général ou au régime d’origine de l’affilié. Le PLFSS 2018 se penchera sur ces deux réformes.

Les dépassements d’honoraires seront traités via les contrats responsables et les négociations conventionnelles. Mais pas de précisions sur les 3 offres types malgré un renforcement de la lisibilité des contrats. Concernant le « zéro RAC »sur l’optique, l’audio et le dentaire, Agnès Buzyn avance la définition d’un panier de soins indispensables à tarifs opposables, avec des plafonds et une redéfinition du partage AMO – AMC. Le tiers payant sera « généralisable » et non plus généralisé…

La prévention s’imposera bien comme une priorité à travers la mise en place d’une stratégie nationale de santé.

Enfin, sur la retraite un accord de méthode sera négocié d’ici le printemps prochain avec les organisations syndicales et patronales. Le régime universel de base promis sera mis en place progressivement, sans toucher à l’âge légal.

Après un quinquennat de défiance entre le ministère de la Santé et les syndicats de médecins, Agnès Buzyn souhaite établir « un dialogue constant et constructif avec l’ensemble des acteurs du système de santé avec les partenaires sociaux, avec les associations, (…) et avec les collectivités territoriales ».

 

Enquête sur l’antibiothérapie.

Jusqu’à la fin août, le Conseil National de l’Ordre invite tous les chirurgiens-dentistes à répondre à un questionnaire en ligne sur leur pratiques en termes de prescription d’antibiotiques.

Il s’agit d’une enquête nationale inédite visant à étudier les comportements de prescription d’antibiotiques dans la pratique bucco dentaire, comme l’explique Dominique Chave, membre du CNO, et présidente de la commission de la vigilance et des thérapeutiques dans les colonnes de l aLettre de l’Ordre du mois de juin.

Cette enquête est fondamentale dans la mesure où l’antibiorésistance constitue un grave problème de santé publique et une menace sanitaire mondiale. Il s’agit pour l’ONCD de dresser un premier portrait des perceptions, des attitudes et des pratiques des chirurgiens dentistes concernant les prescriptions d’antibiotiques et de la résistance bactérienne.

La médecine bucco-dentaire représente moins de 10% des prescriptions d’antibiotiques en france.

http://bit.ly/2qXj7Rw

Congé maternité unique pour toutes.

Le 1er juin, conformément à une promesse du candidat Macron, Marlène Shiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, a annoncé la mise en place, peut-être avant l’été, d’un congé maternité uniformisé, quels que soient le statut ou la profession des femmes concernées.

Ces dernières devraient avoir selon la secrétaire d’Etat, un vrai congé maternité, bien rémunéré, aligné sur le régime le plus avantageux. Une harmonisation vers le haut, soit six semaines de congé prénatal et dix semaines de congé post natal pour un premier enfant, selon l’entourage de Marlène Shiappa, cité par l’AFP.

Le gouvernement travaille à l’élaboration d’un portail numérique unique, sur lequel les femmes pourraient déclarer leur congé maternité, le calcul de leurs indemnités se ferait lui automatiquement.

L’UNAPL s’est félicitée de cette mesure, puisque les femmes représentent 44% de l’effectif total des professionnels libéraux (60% chez les chirurgiens dentistes), et qu’au sein des entreprises libérales, 65% des emplois salariés sont occupés par des femmes.